Dimanche 9 novembre 2008
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Il
était une fois, à Forges, un magnifique piano Bechstein, qui durant tout un week-end de novembre 2008, s'installa sur la scène du centre socioculturel, pour s'offrir aux
mains de talentueux pianistes et donner ainsi à entendre au public un aperçu de sa sonorité à travers différents styles musicaux...
Combien de mains ont déjà parcouru ce clavier de cent d'âge ?... Difficile à savoir, étonnant à imaginer... Quoi qu'il en soit, ce sont quatre paires de mains qui sont venues, chacune leur tour,
s'exprimer sur cet instrument, le temps de quatre concerts exceptionnels.
A commencer par Ephraïm Laor, pianiste de renommée internationale, qui choisit, pour
explorer le registre classique, de nous faire découvrir deux compositeurs de la même période, et pourtant totalement différents. Schubert, avec une sonate, et Chopin, avec deux polonaises, une
ballade et une barcarolle. Des oeuvres tantôt sombres, tantôt lumineuses, toutes interprétées avec la même finesse, avec autant de sensibilité...
Du passage de Francis Vidil, le samedi soir, on retiendra évidemment sa virtuosité, mais aussi et surtout son impressionnante capacité
à improviser, dans tous les styles. Plus qu'un concert, c'est un véritable récital interactif auquel ce comédien-musicien conviait les spectateurs, puisque c'étaient eux les maîtres-compositeurs
de la soirée, chacun pouvant en effet proposer un thème d'improvisation. C'est ainsi, par exemple, que l'on a vu Francis Vidil transformer la proposition "Please, come back", en "pliz (nettoyant
pour meubles), comme Bach", et d'aller chercher en coulisse un vieux gant qui traînait, pour entamer une improvisation autour de célèbres thèmes de Bach, tout en nettoyant le clavier et les
cordes de l’instrument !...
Tel une pieuvre, Denis Girard, ne pouvait se contenter d’un seul clavier, fusse celui d’un Bechstein, pour interpréter la musique alambiquée et baignée de multiples influences du Trio Eol. Une main sur le piano, une autre sur son Fender Rhodes ou sur son orgue Hammond, triturant les sons, laissant s’échapper des sonorités
dignes de Pink Floyd, Denis donnait une toute autre dimension à ce piano, accompagné par ses deux frères, Laurent à la contrebasse et Xavier à la batterie, dans un concert intense en donnant tout
autant aux amateurs de rock que de jazz, de classique ou de musique psychédélique.
Autre concert du dimanche, et dernier de ce festival, la chanteuse lyrique Carole Marais a illuminé de sa voix majestueuse la salle Messidor, accompagnée de façon très modeste par un
pianiste ayant joué dans le monde entier : Georges Delvallée. La mezzo soprano a donné à entendre des œuvres de Schumann, Poulenc (sur des poèmes d’Apollinaire) et Tournemire (sur un poème
de Verlaine), les interprétant avec une sensibilité à fleur de peau qui a touché un public pourtant quelque peu novice en la matière…
Il est certain que les Forgeois auront eu la chance de pouvoir découvrir dans leur commune, en
l’espace d’un week-end, une diversité musicale à laquelle ils n’étaient jusqu’à maintenant habitués que lors du festival Zicaforges (voir article suivant), grâce au talent incontestable
d’artistes renommés, et aux bénévoles qui ont organisé cet événement musical exceptionnel.
A noter qu’un enregistrement du concert de Francis Vidil a été réalisé et qu’il est possible de se
le procurer en mairie, au prix de 20 €.